Le 1er pilier (AVS/AI) couvre les besoins vitaux. Le 2e pilier (LPP, caisse de pension) doit permettre avec l'AVS de maintenir le niveau de vie. Le 3e pilier, facultatif, complète le tout : le 3a est fiscalement déductible mais bloqué, le 3b est libre.
La prévoyance suisse repose sur trois piliers, inscrits dans la Constitution. Chacun a un rôle précis. Les comprendre, c'est savoir d'où viendra votre revenu à la retraite, et où se trouvent vos marges de manœuvre.
1er pilier : l'AVS, le socle pour tous
L'assurance-vieillesse et survivants (AVS), avec l'assurance-invalidité (AI), doit couvrir les besoins vitaux. Toute personne qui vit ou travaille en Suisse y cotise. Elle fonctionne par répartition : les cotisations des actifs financent les rentes des retraités.
Une année sans cotisation, par exemple à l'étranger, réduit la rente à vie. Un extrait de compte individuel, gratuit auprès de votre caisse de compensation, permet de vérifier vos années.
2e pilier : la prévoyance professionnelle
La caisse de pension de votre employeur, régie par la LPP, doit permettre avec l'AVS de maintenir de manière appropriée votre niveau de vie antérieur. Elle fonctionne par capitalisation : chacun épargne pour lui-même. Elle couvre aussi l'invalidité et le décès.
- Obligatoire dès un salaire annuel de CHF 22'680 chez un même employeur.
- Financé au moins pour moitié par l'employeur. Voir les cotisations LPP.
- Versé en rente, en capital ou les deux à la retraite. Voir rente ou capital.
3e pilier : la prévoyance individuelle
Le pilier 3a, ou prévoyance liée, est encouragé fiscalement. Les versements sont déductibles, dans une limite annuelle de CHF 7'258 pour un salarié affilié à une caisse de pension. En contrepartie, l'argent est bloqué jusqu'à 60 ans, sauf exceptions. Le pilier 3b, ou prévoyance libre, regroupe toute autre épargne : assurance vie, placements, compte d'épargne. Voir le guide du pilier 3a.
Les trois piliers comparés
| 1er pilier | 2e pilier | 3e pilier A | |
|---|---|---|---|
| But | Besoins vitaux | Maintien du niveau de vie | Complément individuel |
| Caractère | Obligatoire | Obligatoire pour les salariés au-dessus du seuil | Facultatif |
| Financement | Répartition | Capitalisation | Capitalisation |
| Qui paie | Salarié, employeur, Confédération | Salarié et employeur | Vous |
| Versement | Rente | Rente ou capital | Capital |
| Avantage fiscal | Cotisations déductibles | Cotisations et rachats déductibles | Versements déductibles |
Cas pratique fictif
Léa, 32 ans, ingénieure à Genève
Léa cotise à l'AVS et à la caisse de pension de son employeur, prélevées directement sur son salaire. Elle a ouvert un 3a l'an dernier et y verse le maximum chaque année : c'est une déduction fiscale immédiate et une épargne pour sa retraite ou l'achat de son futur logement. À son âge, l'enjeu n'est pas la retraite mais la protection : elle vérifie sur son certificat de prévoyance ce que toucherait son partenaire si elle décédait.
Les erreurs fréquentes
- Penser que l'AVS et le 2e pilier suffiront toujours à maintenir son niveau de vie, surtout avec un revenu élevé.
- Laisser des lacunes AVS sans les vérifier, alors qu'elles peuvent souvent être comblées sur les cinq dernières années.
- Ne pas ouvrir de 3a, et perdre chaque année une déduction fiscale.
