Salaire ou dividende
Le salaire est une charge pour l'entreprise, soumis aux cotisations sociales, mais il alimente l'AVS et la prévoyance professionnelle. Le dividende n'est pas une charge et n'est pas soumis à l'AVS ; il est imposé partiellement chez l'actionnaire qui détient au moins 10 % du capital, à 70 % au niveau fédéral et à 50 % au moins au niveau cantonal.
Tout se joue sur le dosage : un salaire trop bas réduit la retraite et la couverture en cas d'invalidité ou de décès ; un dividende jugé excessif par rapport au salaire peut être requalifié en salaire par la caisse AVS. Le bon équilibre se calcule chaque année avec votre fiduciaire.
Ce que ça change concrètement pour vous
La prévoyance professionnelle peut assurer des salaires bien au-delà du minimum légal, jusqu'à CHF 907'200 en 2026. Un plan adapté au dirigeant augmente fortement le potentiel de rachat, donc les déductions fiscales, tout en finançant une retraite à la hauteur de son revenu.
Plan cadre et plan 1e
- Plan cadre : un plan complémentaire réservé à une catégorie de collaborateurs définie par des critères objectifs (fonction, salaire). Il améliore les prestations au-delà du plan de base.
- Plan 1e : pour la part de salaire au-dessus de CHF 136'080 en 2026, l'assuré peut choisir sa stratégie de placement, jusqu'à dix stratégies dont une à faible risque. Il garde le rendement, mais porte aussi le risque de perte.
- Les règles à respecter : les principes d'adéquation et de collectivité de l'ordonnance OPP 2 encadrent ces plans. Un plan mal construit peut voir ses déductions refusées par le fisc.
Cas pratique fictif
Sophie, 52 ans, associée unique d'une Sàrl de services
Sophie se versait un salaire modeste et des dividendes importants. Sa prévoyance assurait un salaire bas et sa couverture invalidité était insuffisante. Le plan retenu : salaire relevé à un niveau conforme au marché, plan cadre pour la direction, rachats LPP échelonnés sur six ans, dividende ajusté. Ses impôts baissent pendant la phase de rachat et sa retraite est financée.
Préparer la transmission
Vendre ou transmettre son entreprise se prépare cinq à dix ans à l'avance : rachats à terminer avant la vente, plan de prévoyance du successeur, calendrier des retraits de capital pour ne pas les cumuler avec le produit de la vente.
Indépendant en raison individuelle
Sans société, vous n'êtes pas soumis à la LPP obligatoire. Vous pouvez vous affilier volontairement à une institution de prévoyance, ou verser dans le pilier 3a jusqu'à 20 % de votre revenu net, au maximum CHF 36'288 en 2026. Le choix dépend de votre revenu et de votre âge.
Les erreurs fréquentes
- Se verser un salaire minimal et découvrir une couverture invalidité très faible.
- Créer un plan cadre pour une seule personne sans critère objectif.
- Racheter massivement l'année de la vente de l'entreprise, puis retirer le capital dans les trois ans.
