Qu'est-ce qu'un rachat LPP ?
Un rachat est un versement volontaire dans votre caisse de pension pour combler une lacune de prévoyance. Les lacunes naissent d'une hausse de salaire, d'années passées à l'étranger, d'une période d'indépendance, d'un divorce ou d'un plan de prévoyance moins généreux par le passé.
Le montant maximal figure sur votre certificat de prévoyance, sous « rachat possible » ou « somme de rachat ». Il correspond à l'écart entre les prestations prévues par le règlement de votre caisse et votre avoir actuel.
Ce que ça change concrètement pour vous
- Moins d'impôt cette année : le rachat se déduit du revenu imposable, à votre taux marginal. Plus votre revenu est élevé, plus l'économie est forte.
- Plus de capital à la retraite : la somme versée est rémunérée dans votre caisse jusqu'à la retraite, sans impôt sur le revenu ni sur la fortune pendant ce temps.
- Un impôt différé, pas supprimé : la prestation sera imposée à la sortie, en rente ou en capital. L'écart entre votre taux marginal d'aujourd'hui et l'impôt au retrait fait tout l'intérêt de l'opération.
Les 5 vérifications avant de payer
1. Le délai de 3 ans avant un retrait en capital
Les prestations issues d'un rachat ne peuvent pas être retirées en capital pendant trois ans (art. 79b al. 3 LPP). Si vous comptez prendre votre 2e pilier en capital à la retraite, votre dernier rachat doit intervenir au moins trois ans avant. Sinon, le fisc peut refuser la déduction après coup.
2. Le remboursement d'un retrait pour le logement
Si vous avez utilisé votre 2e pilier pour acheter votre logement (EPL), vous devez en principe d'abord rembourser ce versement anticipé avant de pouvoir faire un rachat volontaire.
3. Votre 3e pilier et vos comptes de libre passage
Un avoir 3a important ou des comptes de libre passage non transférés réduisent votre potentiel de rachat (art. 60a OPP 2). Signalez-les à votre caisse avant de calculer le montant.
4. La santé financière de votre caisse
Un rachat va dans le pot commun de votre caisse. Regardez son taux de couverture et le taux d'intérêt crédité ces dernières années. Le minimum légal 2026 sur la part obligatoire est de 1,25 %, la part surobligatoire peut être rémunérée différemment.
5. Votre liquidité
L'argent versé est bloqué jusqu'à la retraite, sauf achat de logement, départ définitif de Suisse ou mise à son compte. Gardez une réserve suffisante avant de racheter.
Pourquoi échelonner ses rachats
L'impôt sur le revenu est progressif. Un gros rachat la même année fait baisser votre revenu imposable dans des tranches de plus en plus basses : l'économie par franc versé diminue. Répartir le même montant sur plusieurs années permet de déduire chaque fois au taux marginal le plus élevé.
Cas pratique fictif
Claire, 52 ans, cadre à Lausanne
Claire a un potentiel de rachat de CHF 120'000 et prévoit de prendre son 2e pilier en capital à 65 ans. Plutôt qu'un versement unique, elle rachète CHF 30'000 par an pendant quatre ans, de 52 à 55 ans. Chaque versement se déduit au sommet de son barème. Son dernier rachat a lieu dix ans avant la retraite : le délai de trois ans est largement respecté.
Illustration simplifiée : à un taux marginal de 30 %, chaque versement de CHF 30'000 réduit son impôt d'environ CHF 9'000. Le gain réel dépend de sa commune et de son revenu.
Cas particuliers
- Arrivée de l'étranger : pendant les cinq premières années d'affiliation en Suisse, le rachat annuel est limité à 20 % du salaire assuré (art. 60b OPP 2).
- Dirigeants de PME : le rachat se coordonne avec la politique de salaire et de dividendes, et éventuellement avec un plan cadre qui augmente le potentiel de rachat.
- Couples : comparer les potentiels des deux conjoints. Racheter chez celui qui a la caisse la plus solide ou le taux de conversion le plus favorable peut changer le résultat.
