L'indépendant en raison individuelle n'est pas obligé d'avoir un 2e pilier. Sans 2e pilier, il peut verser jusqu'à 20 % de son revenu net au 3a. Avec un 2e pilier volontaire, il obtient des rachats déductibles et une couverture de risque, mais son plafond 3a baisse au niveau des salariés.
Un indépendant en raison individuelle n'est pas soumis à la LPP obligatoire. Il peut s'en passer, s'affilier volontairement, ou combiner les solutions. Le bon choix dépend de son revenu, de sa famille et de ses projets. Si vous exercez via une Sàrl ou une SA, vous êtes salarié de votre société : la LPP s'applique comme pour tout employé.
Les deux voies, côte à côte
| Sans 2e pilier | Avec 2e pilier volontaire | |
|---|---|---|
| 3e pilier A | « Grand 3a » : jusqu'à 20 % du revenu net d'activité, au maximum CHF 36'288 par an | « Petit 3a » : au maximum CHF 7'258 par an |
| Déductions fiscales | 3a uniquement | Cotisations, rachats et 3a |
| Potentiel de rachat | Aucun | Oui, souvent important, et déductible |
| Couverture décès et invalidité | À organiser soi-même (assurance de risque) | Incluse selon le plan |
| Souplesse | Grande | Engagement envers une caisse et un plan |
Où s'affilier ?
- La caisse de votre association professionnelle, si elle existe. Les médecins, les avocats, les architectes ou les fiduciaires disposent souvent de solutions dédiées. Voir la prévoyance des médecins indépendants.
- La caisse de vos employés, si vous avez du personnel assuré : vous pouvez souvent vous y affilier aux mêmes conditions.
- L'institution supplétive, la solution prévue par la loi pour tout indépendant qui le demande.
Les plans varient beaucoup : salaire assurable, taux de bonification, possibilités de rachat, frais et couverture de risque. Comparer avant de signer peut faire une différence de plusieurs dizaines de milliers de francs sur une carrière.
Racheter : le levier fiscal de l'indépendant
Un indépendant qui s'affilie tard a souvent un potentiel de rachat élevé. Chaque franc racheté est déductible du revenu imposable, l'année du versement. Étalés sur plusieurs années de bons résultats, les rachats lissent la progression de l'impôt. Deux règles à respecter : pas de retrait en capital dans les trois ans qui suivent un rachat, et un rachat qui reste cohérent avec le revenu assuré.
Retirer son 2e pilier pour se lancer
À l'inverse, un salarié qui devient indépendant à titre principal peut retirer son avoir pour financer son activité, en général dans l'année qui suit le lancement. C'est une option, pas une obligation. Garder une partie sur un compte de libre passage préserve un capital pour la retraite et ouvre des possibilités d'échelonnement. Tous les détails dans retirer son 2e pilier.
Cas pratique fictif
Marc, 48 ans, architecte indépendant à Lausanne, bénéfice annuel CHF 160'000
Sans 2e pilier, Marc verse chaque année le maximum du grand 3a. Il s'affilie à la caisse de son association professionnelle : il passe au petit 3a, mais son plan lui ouvre un potentiel de rachat de plus de CHF 200'000, diminué de la part de son avoir 3a qui dépasse ce qu'aurait permis le petit 3a (art. 60a OPP 2). Il décide de racheter par tranches pendant ses meilleures années, ce qui augmente nettement ses déductions annuelles. Il obtient aussi une couverture invalidité qu'il n'avait pas. Il prévoit d'arrêter tout rachat au moins trois ans avant de retirer son capital.
Les erreurs fréquentes
- Rester sans couverture invalidité pendant des années parce que « tout va bien ».
- S'affilier au 2e pilier en oubliant que le plafond du 3a baisse alors fortement.
- Retirer tout son 2e pilier pour se lancer, et partir à la retraite sans réserve.
- Racheter massivement juste avant un retrait en capital.
