Les deux options en bref
- La rente : votre caisse convertit votre avoir en rente viagère avec son taux de conversion. La rente est versée à vie et, en principe, une rente de conjoint survivant est prévue. Elle est imposée comme un revenu, à 100 %, chaque année.
- Le capital : vous recevez votre avoir en une ou plusieurs fois. Il est imposé une seule fois, séparément des autres revenus et à taux réduit, puis il fait partie de votre fortune.
La loi garantit au minimum un quart de l'avoir obligatoire en capital (art. 37 al. 2 LPP). Beaucoup de règlements permettent davantage, jusqu'à la totalité. Attention au délai d'annonce : le choix du capital doit souvent être communiqué à la caisse plusieurs mois, voire plusieurs années, avant la retraite.
Ce que ça change concrètement pour vous
Le taux de conversion minimal légal est de 6,8 % sur la part obligatoire. Mais la plupart des caisses appliquent un taux global plus bas, parce qu'elles convertissent aussi la part surobligatoire. C'est ce taux, inscrit sur votre certificat, qui détermine votre rente réelle.
Cas pratique fictif
Marc, 64 ans, dirigeant de PME en Valais
Marc disposera de CHF 600'000 dans son 2e pilier à 65 ans. Sa caisse applique un taux de conversion de 5,4 %, soit une rente de CHF 32'400 par an.
Calcul simplifié, sans impôt ni rendement : il faut environ 18,5 ans de rente pour toucher l'équivalent du capital, donc jusqu'à 83 ou 84 ans. S'il vit plus longtemps, la rente est gagnante ; s'il décède avant, le capital aurait mieux protégé ses héritiers. La décision réelle intègre l'impôt, le rendement possible du capital et la rente de son épouse.
Les critères qui font pencher la balance
Plutôt la rente si
- Vous voulez un revenu garanti à vie, sans gérer de placements.
- Votre famille vit longtemps et votre santé est bonne.
- Vos autres revenus (AVS, 3e pilier, immobilier) ne couvrent pas vos dépenses fixes.
- Le taux de conversion de votre caisse reste élevé.
Plutôt le capital si
- Vous voulez transmettre un patrimoine à vos enfants ou à un partenaire non marié.
- Vous avez un projet précis : rembourser une hypothèque, financer un logement, aider un enfant.
- Vous êtes à l'aise avec la gestion de fortune, ou prêt à la déléguer.
- Votre santé laisse penser que la rente serait versée peu longtemps.
Souvent : un mélange
Une partie en rente pour couvrir les dépenses fixes avec l'AVS, le reste en capital pour la souplesse et la transmission. C'est la solution la plus fréquente dans nos dossiers, et elle se calcule.
Le piège fiscal
La rente est imposée chaque année comme un revenu. Le capital est imposé une seule fois à taux réduit, mais la progression joue : retirer 2e pilier, libre passage et 3e pilier la même année augmente fortement l'impôt. Pour estimer le coût dans votre commune, utilisez notre simulateur fiscal du retrait en capital.
